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Durant ces trois dernières années, j’ai eu accès et entrepris des recherches à l’intérieur de ces communautés vivant en résidences surveillées en Europe, aux Etats-Unis et en Afrique du sud. Pour traduire l’atmosphère de ces villes closes, je dois vivre au moins deux mois dans l’enceinte contrôlée de ces ensembles architecturaux. Il y règne une ambiance lisse et homogène où ‘s’amuser’ devient une obligation, une joie parfaitement contrôlée et planifiée, une simulation, ainsi qu’une obsession des règles de sécurité. Les habitants deviennent comme des acteurs sur une scène. ‘L’écologie de la fantaisie’ (Disneyification) et ‘l’écologie de la peur et de la violence’ (Bronxification) convergent. Nous pouvons parler d’une machine de divertissement aussi bien que d’une machine sécuritaire.
L’état de peur est le sujet principal de mon œuvre photographique. Je m’intéresse à cette diversité de la réalité sociale et les symboles qui s’en détachent. Dans mes projets, je travaille avec le poids de l’histoire, en soulignant les détails du contexte politico-social dans lequel vivent les habitants.

Le fait que la vie de ces communautés a été suffisamment ralentie et altérée pour être visualisée à travers ma chambre photographique rapproche mon projet de la photographie documentaire du dix-neuvième siècle, et sert à le détacher des conventions du photojournalisme.

Traduit par Charlotte Lardinois, corrigé par Chung-Leng Tran et Florence Pillet.

© Charlotte Lybeer
 

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