Niché au cœur de la trépidante métropole de Tokyo, Shinjuku Gyoen est un véritable refuge de verdure et de calme. Ce vaste jardin public, d’une superficie de 58,3 hectares, est un lieu prisé pour se ressourcer et échapper à l’agitation urbaine. Constituée de trois styles de jardins distincts – japonais, anglais paysager et français formel – cette oasis tropicale et subtropicale offre une expérience unique mêlant histoire et beauté naturelle.

Un parc, trois jardins

Shinjuku Gyoen allie harmonieusement trois styles de jardins. Ainsi, chaque section du Shinjuku Gyoen offre une immersion dans une esthétique et une ambiance particulière, enrichissant indéniablement toute itinéraire de visite au Japon.

  1. Le jardin japonais : Le plus ancien des trois, il est l’incarnation même de l’élégance traditionnelle japonaise. Des ponts de bois courbés relient des îlots parsemés dans un grand étang, entouré de pavillons et de haies sculptées. Parmi ces pavillons, le Kyu Goryotei, connu sous le nom de Pavillon Taïwanais, se distingue. Construit avec des bois importés de Taïwan, ce pavillon est une rareté architecturale chinoise au Japon, dédié au mariage de l’empereur Showa.
  2. Le jardin anglais paysager : Il évoque les étendues herbeuses des parcs britanniques, avec ses pelouses vastes et non taillées, parfaites pour des pique-niques ou la contemplation des sakura en fleur au printemps. En arrière-plan, les gratte-ciels de Shinjuku rappellent que cette oasis est nichée au cœur de Tokyo.
  3. Le jardin français formel : Inspiré des jardins de palais français, cette section est d’une symétrie impressionnante. En son centre, un emplacement de 500 rosiers de 110 espèces différentes éblouit les visiteurs par ses couleurs et ses parfums. Les quatre rangées de platanes qui encadrent le jardin ajoutent une touche européenne et offrent une ombre agréable pour les promenades estivales.

La serre tropicale et les pavillons de thé

Une autre attraction majeure de Shinjuku Gyoen est sa serre tropicale. Construite dans les années 1950, elle abrite plus de 1 700 espèces de plantes tropicales et subtropicales, réparties en sections climatiques variées, allant des zones humides aux déserts arides. La serre, initialement la plus grande d’Asie de l’Est, permet aux visiteurs de se plonger dans une atmosphère de jungle tropicale sans quitter Tokyo.

Pour ceux cherchant une pause gourmande et authentiquement japonaise, le pavillon de thé « Raku’u-tei » est un incontournable. Dans cette structure en bois traditionnelle, vous pouvez savourer un thé matcha accompagné d’une douceur japonaise pour seulement 700 yens. Ce pavillon offre aussi une vue sur les petites fleurs de prunier, créant une scène digne d’une peinture ancienne japonaise. Un rituel de cérémonie du thé est également présenté une fois par mois, donnant aux visiteurs un aperçu de cette tradition culturelle.

Les portes d’entrée de Shinjuku Gyoen

Le parc est accessible par trois entrées principales :

  • La porte de Shinjuku : proche des stations de Shinjuku et Shinjuku-Sanchome, cette porte ouvre sur les pelouses étendues du jardin anglais paysager.
  • La porte d’Okido : située près de la station Shinjuku Gyoen-Mae, cette porte historique tire son nom d’une ancienne grande porte en bois qui gardait l’entrée d’Edo (ancien Tokyo).
  • La porte de Sendagaya : à proximité de la station JR Sendagaya, elle offre un accès direct aux cerisiers en fleurs au printemps et aux érables rouges en automne. Elle est également proche du pavillon Kyu-Goryotei et du jardin japonais.

Ces différentes entrées permettent de planifier différentes approches du parc, en fonction de ce que vous souhaitez explorer en priorité, que ce soit les pelouses anglaises, les jardins japonais ou les parterres de roses français.

Histoire de Shinjuku Gyoen

Les origines de Shinjuku Gyoen remontent à l’ère Edo (1603-1867). Le terrain fut offert par le shogun Tokugawa Ieyasu au seigneur féodal Naitō en 1590. La famille Naitō y construisit un jardin en 1772. Après la Restauration de Meiji, la propriété fut convertie en une station expérimentale agricole en 1872, avant de devenir un jardin botanique impérial en 1879. En 1906, le parc fut transformé en jardin paysager sous la supervision de l’architecte paysagiste français Henry Martinet, inauguré en présence de l’empereur Meiji.

La Seconde Guerre mondiale fut catastrophique pour Shinjuku Gyoen, avec la majeure partie du jardin détruite par les bombardements. Le pavillon taïwanais fut la seule structure à survivre. Après la guerre, le parc fut reconstruit et ouvrit au public en 1949, sous la juridiction du Ministère de la Santé, maintenant transférée au Ministère de l’Environnement depuis 2001.

Les événements marquants de Shinjuku Gyoen incluent la cérémonie funéraire de l’empereur Showa en 1989, un événement d’envergure nationale qui témoigne de l’importance historique de ce lieu pour la famille impériale.

Hanami : la saison des cerisiers en fleurs

Le hanami, ou contemplation des cerisiers en fleurs, est l’un des événements les plus attendus au Japon, et Shinjuku Gyoen est un endroit de choix pour cette tradition. Avec environ 1 000 cerisiers, divisés en plusieurs variétés, le jardin se pare de délicates teintes de rose chaque printemps. Les arbres, comme le cerisier pleureur (Shidare), le cerisier de Tokyo (Somei), et le cerisier Kanzan, offrent un spectacle en perpétuelle évolution de fin mars à fin avril.

Une visite en cette période est une expérience immersive complète : apportez votre déjeuner et rejoignez les familles et amis japonais qui, eux aussi, viennent pour pique-niquer et s’émerveiller devant les fleurs. Cependant, il est bon de noter que la consommation d’alcool est interdite dans le jardin, ce qui en fait un endroit idéal pour ceux avec des enfants ou cherchant une ambiance plus tranquille.

Accès et informations pratiques

Pour vous rendre à Shinjuku Gyoen, il vous suffit de marcher quelques minutes depuis les stations Shinjuku, Sendagaya ou Shinjuku Gyoemmae. Le jardin est ouvert en fonction des saisons : de 9h à 16h30 en hiver et jusqu’à 19h en été. Il est fermé chaque lundi, sauf durant les saisons des cerisiers en fleurs et des chrysanthèmes (de fin mars à fin avril et début novembre), où il est ouvert tous les jours. Le coût d’entrée est de 500 yens.

La serre est également ouverte de 9h30 à 17h, et jusque 15h30 en hiver. Les horaires d’ouverture peuvent être modifiés de temps à autre. En conséquence, avant d’organiser votre visite de deux semaines au Japon, vérifiez les informations les plus récentes sur le site web officiel.

Shinjuku Gyoen dans la culture populaire

Le jardin de Shinjuku Gyoen a également marqué les esprits à travers son apparition dans la littérature et au cinéma. Dans le roman « Le Bruit de la montagne » de Yasunari Kawabata, le personnage principal Shingo exprime son étonnement et sa sérénité en découvrant cet espace verdoyant en plein Tokyo. De même, le film d’animation de 2013 « Le Jardin des mots » réalisé par Makoto Shinkai, situe une grande partie de son action dans ce parc, capturant sa beauté intemporelle. Cette production voulait préserver la mémoire de Shinjuku Gyoen après la catastrophe de tremblement de terre et tsunami de 2011.

Outre son rôle dans ces œuvres, Shinjuku Gyoen offre divers points d’intérêt comme le Pavillon Taïwanais ou encore les reconstitutions des scènes animées pour les fans de Shinkai.

En conclusion, les multiples facettes de Shinjuku Gyoen en font un lieu de visite incontournable à Tokyo. Que vous soyez un amateur de botanique, un passionné d’histoire ou simplement en quête de tranquillité, Shinjuku Gyoen ravira vos sens tout en offrant un répit bienvenu de la vie citadine trépidante.

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