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Artiste multiforme, "portraitiste contemporaine", travaillant à la fois la vidéo, la photo ou l’aquarelle, Rebecca Bournigault présente un portfolio de son travail, une sélection faite avec Daria Joubert, à qui elle explique ses images.

par Daria Joubert

Pour plus d’informations sur l’artiste :
www.rebeccabournigault.com

Pour plus d’informations sur son exposition au Palais de Tokyo, site de création contemporaine (du 8 octobre au 20 novembre 2005) :
www.palaisdetokyo.com

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"Autoportrait avec personnage", aquarelle, 2000, ©Rebecca Bournigault

« La peinture, et plus particulièrement l’aquarelle, est le médium qui me permet d’expérimenter mes fantasmes, qui me laisse le plus de liberté. Mais ces fantasmes prennent toujours leur inspiration dans le réel.
J’ai créé le personnage féminin de cette œuvre d’après une photographie de moi-même, le personnage masculin étant quant à lui créé d’après une image d’homme menotté trouvée dans un magazine. La femme est dans une attitude d’autoprotection, avec les bras refermés autour de son corps. La scène dégage une impression de claustrophobie, contrebalancée par la douceur de l’aquarelle. Je suis intéressée par ce genre de contrastes. »
 

"Missed", vidéo, 1999, © Rebecca Bournigault

« "Missed" est un autoportrait vidéo, qui fut très médiatisé et diffusé à l’époque de sa sortie. Ce n’était cependant pas un travail préparé, je me suis simplement filmée à 6h du matin avant de prendre l’avion pour le Japon.
Ce portrait interroge l’absence, une absence qui est évidente dans cette vidéo où on ne voit que moi, un espace vide. Il s’agit d’une œuvre qui interroge le manque de l’autre et le manque amoureux, et qui touche à l’universel de par son thème. »
 

"Portrait Temps réel", vidéo, 1995, série "Vanity", aquarelle et peinture acrylique, 2003-2005, ©Rebecca Bournigault

« Cette installation vidéo, la première que j’ai réalisée, consistait en deux faisceaux lumineux se croisant au-dessus d’une chaise vide, face à une caméra. Lorsque le visiteur s’assoit sur la chaise, son image est diffusée en temps réel et en grand format sur le mur.
Cela permet à chacun de se voir comme jamais : en effet, lorsque nous nous regardons dans un miroir nous voyons une image inversée de nous-même, alors que cette projection nous permet de voir ce que les autres voient de nous.
Les visiteurs voyant cette projection d’un ou d’une inconnue en direct, sont face à une œuvre qui n’existera plus jamais puisque l’image projetée n’est pas enregistrée. »
 

"Sans Titre", aquarelle, 2002, ©Rebecca Bournigault

« Cette œuvre est à l’origine une aquarelle que j’ai par la suite transformée en négatif, c’est sous cette dernière forme que l’œuvre a été complète selon moi. Cette peinture devenue photographie est une autre manière d’explorer le lien entre les médiums artistiques. L’image en elle-même est une photographie de magazine, réutilisée hors contexte. »
 

"Slow", vidéo, 2001, ©Rebecca Bournigault

« "Slow" date d’une période pendant laquelle j’ai plus particulièrement travaillé sur le corps, en essayant toujours d’exprimer quelque chose d’intense. J’ai ici tenté de mettre en forme le rapport homme/femme dans un jeu physique.
On assiste à une balance entre leurs deux désirs qui restent flottants, frustrés. Le spectateur devine ce qu’il veut y voir, mais cela reste flou. C’est peut-être une des vidéos les plus sensuelles que j’ai réalisées, avec cette tête de femme qui descend doucement sur le torse d’un homme, et qui remonte en boucle avant d’atteindre son but. »
 

"Tatoo", vidéo still de "Vive", installation vidéo, 2002-2005, ©Rebecca Bournigault

« Pour l’installation vidéo « Vive », j’ai filmé plusieurs adolescents en leur posant la question « Quelle est ta raison de vivre ? », question à laquelle ils n’étaient pas préparés. Les réponses furent parfois brutales, par exemple « je n’ai pas de raison de vivre », et me mirent parfois face à face avec une pure souffrance.
Ce tatouage, un vrai tatouage qui est en fait une phrase se terminant par mon nom, est vu comme un lien symbolique, comme pourrait l’être une bague de fiançailles. Mais un tatouage, c’est aussi aujourd’hui une façon de se marquer, afin de montrer son appartenance à un mouvement, un groupe, une personne. Dans ce cas précis le tatouage a été fait dans un but amoureux. »
 

"Vanity 1" et "Vanity 2", série "Vanity", aquarelle et peinture acrylique, 2003-2005, ©Rebecca Bournigault

« La série « Vanity », que je continue encore à ce jour, consiste en la répétition d’un motif, une image très forte. Le thème de la vanité, image à la fois forte et muette, me permet de travailler une icône qui se suffit à elle-même, que je répète indéfiniment.
Cette série est en un sens très esthétique, l’ajout de paillettes donne un aspect ludique à une représentation plutôt morbide. La question de l’accessibilité de l’œuvre d’art est ici posée, puisque chaque œuvre de la série est à la fois une pièce unique et un multiple, qu’on peut acheter directement sur mon site. »
 

« Autoportrait avec personnage », aquarelle, 2000
© Rebecca Bournigault
 

« Missed », vidéo still, 1999
© Rebecca Bournigault
 

« Portrait Temps réel », vidéo still, 1995
© Rebecca Bournigault
 

« Sans Titre », aquarelle, 2002
© Rebecca Bournigault
 

« Slow », vidéo still, 2001
© Rebecca Bournigault
 

« Tatoo », vidéo still de « Vive », installation vidéo, 2002-2005
© Rebecca Bournigault
 

« Vanity 1 », série « Vanity », aquarelle et peinture acrylique, 2003-2005
© Rebecca Bournigault
 

« Vanity 2 », série « Vanity », aquarelle et peinture acrylique, 2003-2005
© Rebecca Bournigault
 

Rebecca Bournigault
© Chung-Leng Tran
 

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