EDIT:
 

par Beatrice Rossetto

Né en 1972, Rémy Marlot est sorti diplômé de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Dijon en 1995. Il s’est fait remarquer, aussi bien en France qu’à l’étranger, par plusieurs expositions personnelles et collectives, notamment « Out-of-the-Way » à la galerie Yvonamor Palix, à Paris (2003) et « Bad Dreams » au Centre d'art Passages à Troyes (2006-2007). Il vit et travaille à Paris.

La photographie et la vidéo sont les moyens complémentaires de sa production artistique, axée en bonne partie autour du thème de la nuit et du rêve. Edit: en propose une sélection en cohérence avec le sujet de ce numéro.

© Rémy Marlot
Black churches, 2007
 

© Rémy Marlot
Black churches, 2007
 

© Rémy Marlot
Black churches, 2007
 

© Rémy Marlot
Black churches, 2007
 

© Rémy Marlot
Black houses, 2006
 

© Rémy Marlot
Black houses, 2006
 

© Rémy Marlot
Black houses, 2006
 

© Rémy Marlot
Black houses, 2006
 

© Rémy Marlot
Estrella, 2006


 

© Rémy Marlot
Dream, 2006


 

© Rémy Marlot
Night 02:11, 2003


 

Grâce à la prise de vue en plongée et à l’inversion des images en négatif, les habitations pavillonnaires de la série photographique « Black Houses » (2006) acquièrent une ambiance nocturne et nous rappellent la tension émotive du cinéma hitchcockien. Certains plans – en noir et blanc et inversés – de « Estrella » (2006) et de « Dream » (2006) font justement écho à cette série. L’impossibilité de relier les différentes parties sous une seule intrigue, l’absence de logique et le choix musical pertinent déterminent l’ambiance cauchemardesque de cette dernière vidéo.
Dans « Night 02:11 » (2003) les images nocturnes réalisées dans des lieux déserts des grandes villes suisses sont mélangées à une succession d’événements qui suggèrent, sans jamais rendre explicite, une action dramatique. « Estrella » (2006) reprend cette tension : le scénario est plus clair – l’auteur suit la promenade nocturne d’une femme dans un parc, où elle s’endort – mais le spectateur ne comprend pas les mécanismes qui ont déterminé l’action. On respire dans cette œuvre la même étrange inquiétude de « Blow-up » (1966) de Michelangelo Antonioni, qui fait du parc le même lieu d’ambiguïté et du crime, où le protagoniste semble perdre ses repères et le spectateur n’est plus sûr de la différence entre réalité et mirage.
Rémy Marlot provoque encore un sens de dépaysement chez l’observateur avec la série « Black Churches » (2007). La contre-plongée et le contre-jour, associés à la surface noire du monument, donnent une fausse ambiance nocturne à ces images monochromes et imposantes de la cathédrale de Cologne.

Les paysages de Rémy Marlot s’éloignent du stéréotype rassurant du chez soi. Quand il ne choisit pas un lieu anonyme – tel qu’un parc, une rue périphérique ou une station de service – il intervient sur l’image par un travail sur la lumière et sur la couleur, il modifie le rythme et superpose les séquences. Une sensation de « déjà-vu » s’empare alors du spectateur qui, désorienté, comble le manque d’information avec son vécu.
 

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Rémy Marlot est représenté en Allemagne par la galerie Heike Strelow, Francfort.
www.remymarlot.com
 

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