EDIT:
 

Le recyclage est un terme qui nous accompagne depuis quelques années. Il s’impose comme une norme, aussi bien dans la vie quotidienne que dans les décisions citoyennes ou les processus industriels. Comment dès lors le transposer au domaine des idées ? Ce qui est accepté quand on parle de matériaux ou d’énergies peut-il s’envisager pour une création ?

par Nicolas Marailhac

Pour nous inspirer, nous nous sommes penchés sur le travail d’artistes qui utilisent une matière arrivée en fin d’utilité, comme dans le cas des photographies réutilisées par Valentine Fournier et Roger Kockaerts ou dans celui des Restes de Lynda Ait Amer, voire qui envisagent le matériau ultime, à savoir leur propre corps, comme produit recyclable dans le cas de Lina Saneh. Ce faisant, ils interrogent notre rapport à ce que nous créons et laissons, et en particulier aux résidus oubliés, pourtant imprégnés de nos marques et de nos histoires. C’est d’ailleurs sur cette base que se construisent parfois de singuliers travaux de création, comme le présentera un essai sur les travaux collaboratifs internationaux. Ou bien, c’est par souci de retour sur nos sources que l’envisagera David Nash. Par contre, ce sera à des fins tout autres que la publicité vivra du recyclage d’idées fortes ou pertinentes.

On découvrira ainsi les limites que peut atteindre la notion de réappropriation des idées, limites d’autant plus sensibles qu’elles dépassent le cadre de la création ou de l’art pour approcher celles des échanges commerciaux.

En nous penchant sur ce thème, nous nous sommes aperçus de la nécessité du travail de réappropriation de la création d’autrui dans toute nouvelle création. Certains auteurs en font même leur unique centre d’intérêt. Pourtant, autant dans le domaine de la musique par exemple cette pratique est très répandue, voire encouragée, autant elle est plus délicate dès que l’on touche au monde des images sous peine de tomber dans la copie ou le plagiat. Toutefois, comment créer de nouvelles formes dans un monde comme le nôtre où il est très difficile de ne pas être influencé par le flot d'images qui nous entoure et nous appelle?

Nous vous faisons part de quelques unes de nos pistes de réflexion et vous invitons également à découvrir de belles trouvailles dans nos autres rubriques, parmi lesquelles, comme dans un restaurant, le chef vous recommande la présentation de la première participation du Liban à la Biennale de Venise, courageuse s'il en est, le compte-rendu d'une récente monographie sur le travail de Francesca Woodman proposant une approche plus réfléchie de son parcours et celui de l'exposition consacrée au designer Joe Colombo, dans laquelle notre conception de la consommation est également évoquée entraînant ainsi un retour sur les pratiques du recyclage ou du travail durable…

Je vous souhaite une lecture agréable de ce numéro d'été avant une prochaine livraison d'EDIT: centrée sur le thème du jeu, à paraître à l'automne !
 

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Lancement d’EDIT: n°6 au Café Titon le 28 juin 2007 à partir de 19h.

Café Titon
34 rue Titon
75011 Paris
www.cafetiton.com
 

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