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© Agnès Pataux, Denis Cooney, 1992-2004
© Agnès Pataux, Bog oak, 1992-2004
 

© Agnès Pataux, Yendoumman Sogol, 1998-2004
 

© Agnès Pataux, Inis Meáin - Aran Island, 1992-2004
 

© Agnès Pataux, Greniers Tellem, 1998-2004
© Agnès Pataux, Chevaux de Frise - Dún Aengus fort - Inis Mór - Aran Island, 1992-2004
 

© Agnès Pataux, Baobab, 1998-2004
 

© Agnès Pataux, Moktar et Dagui Témé - Yendoumman Ato, 1998-2004
 

© Agnès Pataux, Dogolou Dounyou - Sanga, 1998-2004
© Agnès Pataux, A man from Co. Clare, 1992-2004
 

En 1992 Agnès Pataux entreprend son premier voyage en Irlande. Le choix de la destination se fait intuitivement et sans idées préconçues. Pendant plusieurs années, les séjours sur l’île se multiplient et la compréhension des lieux progresse au fur et à mesure que s’effectue son travail photographique, qui aboutira à l’ouvrage « Irlande, au rivage de l’Europe », aux Editions 5 Continents en 2003.
Dans ses images noir et blanc au format carré, légèrement en contre-plongée, on perçoit le sentiment d’émerveillement et de sujétion de l’auteur face à la majesté du paysage. On retrouve ce même point de vue dans ses portraits des Irlandais, en alternance avec les paysages auxquels ils sont liés par un réseau de correspondances formelles qui constituent un ensemble cohérent. Les souches de bog-oak aux formes tourmentées font écho aux cheveux en bataille et au rictus figé du vieux Denis Cooney. Cette association, comme d’autres dans la publication, est explicite et les images se suivent intentionnellement dans le livre en une suite logique.
Dans son deuxième livre, publié en 2004 toujours chez 5 Continents, nous retrouvons d’emblée et au-delà des ressemblances stylistiques le regard d’Agnès Pataux.
«  Dogon, gens de la falaise » est, là encore, le résultat de plusieurs séjours, le premier en 1998, dans le pays choisi. Les destinations ne pourraient pas être plus différentes : l’Irlande est un pays sculpté par le vent, l’humidité et la mer, le pays Dogon au Mali un territoire travaillé par l’aridité. Toutefois, l’appareil de l’auteur s’arrête une nouvelle fois sur des paysages rocheux, sur des constructions en pierre ou en terre – volonté humaine de donner une forme rationnelle au chaos naturel – sur des rides et physionomies qui rapprochent la réalité des deux pays.
Il en va de même pour ses travaux non publiés – les Rivages de la Côte Normande et les portraits du Burkina-Faso.
Comme le dit Agnès Pataux, « mes photographies ne poursuivent qu’un seul sujet qui s’articule dans le rapprochement de portraits et de paysages – qu’ils soient d’Irlande, d’Afrique ou d’ailleurs. Montrer ce qui est. Montrer la matière de ce qui est à défaut d’en connaître le sens. » Bien qu’avec le temps s’affirme dans ses photographies un intérêt anthropologique – comme c’est le cas pour le travail en cours dédié aux ritualistes africains – la première approche reste en effet fortement liée à la matière. Les replis de l’écorce d’un baobab, arbre maternel, sont associés au plissé d’un pagne et aux formes souples d’un sein parcouru par les veines.
Les similitudes entre les portraits des Irlandais et des Dogons sont aussi surprenantes que les rapprochements établis entre les deux paysages. Il s’agit souvent d’un même regard, d’une même attitude face à l’objectif, d’un geste ou d’une posture qui se reproduisent – ou que la photographe sait susciter – à distance d’années et de kilomètres. En ce sens, la démarche d’Agnès Pataux est plus intime que documentaire. De la même manière que les paysages en syntonie avec son caractère l’ont captivée, les portraits trahissent son lien avec les sujets et son admiration face à leur majesté, leurs vulnérabilité et leur dignité.
Le trajet d’Agnès Pataux vers l’Autre est un travail patient, où se mêlent la photographie et son intérêt pour la culture et les traditions. Loin du documentaire social et du reportage, l’ensemble d’images relève autant de l’Irlande et des Dogons que de l’auteur même, « en quête de sens et de ravissement », mais aussi de la compréhension et de l’acceptation de soi.

Beatrice Rossetto
 

Commentaires

Tout simplement bravo à Agnès que je connais bien. Je suis contente que son travail soit reconnu de jour en jour. Merci à vous qui avez fait cet article et bonne continuation
 
Jeanne d'arc Roamba – 11.04.2008
 
•••
 
Agnès bris la glace des iceberg universitaire et chercheurs en bureau pour soulever le sable des vies autour d'elle et le vent des paysages sur tous ces visages soit autant d'ombres de vies sous les sols, les arbres, le soleil et la pluie.
Autodidacte, Agnès chemine les immenses espaces lunaires de notre terre pour s'enrichir et nous réjouir plus comme une mère nourricière donnant la béquée aux petits que nous sommes.
Il reste à Agnès à publier dans les revues pour assoir son autorité dans cette science.
 
nicolas chevalier – 08.07.2009
 
 

 
 
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